O Solitude, Saint Amant et Katherine Philips

Le poème utilisé par H. Purcell pour son Ode à la solitude, est un poème de Katherine Philips, lequel, est lui-même une traduction, remaniée et raccourcie d’un poème de Saint Amant, publié en 1617.

Saint Amant
Oeuvres poétiques, 1617

LA SOLITUDE

O que j’ayme la solitude !
Que ces lieux sacrez à la nuit,
Esloignez du monde et du bruit,
Plaisent à mon inquiétude !
Mon Dieu ! Que mes yeux sont contens
De voir ces bois, qui se trouverent
A la nativité du temps,
Et que tous les siècles révèrent,
Estre encore aussi beaux et vers,
Qu’aux premiers jours de l’univers !

O que j’ayme la solitude !
C’est l’element des bons esprits,
C’est par elle que j’ay compris
L’art d’Apollon sans nulle estude.
Je l’ayme pour l’amour de toy,
Connoissant que ton humeur l’ayme;

Mais, quand je pense bien à moy,
Je la hay pour la raison mesme:
Car elle pourroit me ravir
L’heur de te voir et te servir.

O Solitude
O solitude, my sweetest choice!
Places devoted to the night,
Remote from tumult and from noise,
How ye my restless thoughts delight!
O solitude, my sweetest choice!

heav’ns! what content is mine
To see these trees, which have appear’d
From the nativity of time,
And which all ages have rever’d,
To look today as fresh and green
As when their beauties first were seen.

O, how I solitude adore!
That element of noblest wit,
Where I have learnt Apollo’s lore,
Without the pains to study it.

For thy sake I in love am grown With what thy fancy does pursue;But when I think upon my own,I hate it for that reason too,

Because it needs must hinder me From seeing and from serving thee.

O solitude, O how I solitude adore!